Droit des nouvelles technologies et de la communication
Notre expertise d'avocat en droit des nouvelles technologies et de la communication à Monaco
99 AVOCATS conseille et assiste les acteurs et les utilisateurs des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), en particulier :
- Sécurisation juridique des plateformes et transactions d’e-commerce (rédaction des conditions générales : CGV, CGU, contrats...)
- Sécurisation juridique de l’utilisation des outils de communication dans l’entreprise, y compris dans le cadre du télétravail (bonnes pratiques de l'informatique et du numérique, protection des données personnelles et professionnelles, respect de la vie privée et vidéosurveillance, cybersurveillance, géolocalisation...)
- Recours aux services de confiance et preuve numérique (signatures électroniques, cachets électroniques, numérisation et archivage, cloud et hébergement, intermédiation de données....)
- Responsabilité des prestataires techniques (fournisseurs et déployeurs de systèmes d'intelligence artificielle, hébergeur, fournisseur d'accès, opérateur de plateforme en ligne, fournisseur d'avis en ligne provenant des consommateurs....)
- Litiges de toute nature liés (directement ou indirectement) aux nouvelles technologies
- Infractions via les réseaux de communication par voie électronique (usurpation d’identité numérique, diffamation et atteinte à la réputation sur Internet, fraude au président, délits informatiques, cybercriminalité, etc.)
Droit monégasque
Le droit monégasque des NTIC
Le droit des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC), droit hybride au croisement d’une multitude de droits plus traditionnels, est en plein essor en Principauté de Monaco. Par ricochet, les risques de litiges directement ou indirectement liés à ces nouvelles technologies, sont de plus en plus importants en volume et en poids financier.
Du fait que le droit des NTIC touche de très nombreux autres domaines du droit (droit du commerce électronique, droit du numérique, droit de l'Internet, droit des télécommunications, protection des données personnelles, droit du travail, droit financier, droit des sociétés, droit civil, droit pénal, droit social, droit administratif, droit de la propriété intellectuelle,...), il est constitué de règles éparses, dont l'inventaire qui suit n'est donc pas exhaustif.
L’Agence Monégasque de Sécurité Numérique (AMSN), est l’autorité nationale chargée de la sécurité des systèmes d’information : expertise, réponse et traitement en matière de sécurité et d’attaques numériques pour l’Etat et les Opérateurs d’Importance Vitale (OIV) ; établissement et tenue à jour la liste nationale de confiance des prestataires de services de confiance qualifiés (PSCoQ) et des services de confiance qualifiés (SCoQ) qu'ils fournissent.
Evolution du dispositif monégasque en matière de numérique
La Loi n° 1.578 du 1er juillet 2025 a fait évoluer le dispositif existant en matière de numérique en s'inspirant des standards européens (en particulier le Règlement (UE) eIDAS 2.0) :
- Loi n° 1.383 du 2 août 2011 pour une Principauté numérique : services de confiance ; attestations électroniques d'attributs ; contrats et transactions électroniques ; responsabilité des prestataires techniques en ligne ; échanges d'information entre organismes du secteur public, et avec leurs usagers dont la communication des documents administratifs ; désindexation de certains actes administratifs individuels par les moteurs de recherche ;
- Loi n° 1.483 du17 décembre 2019 relative à l’identité numérique : portefeuille d’identité numérique ;
- Code civil : format électronique pour les actes sous seing privé relatifs à des sûretés personnelles ou réelles, de nature civile ou commerciale ;
Principauté numérique : commerce électronique, services de confiance, prestataires techniques, cryptologie
La Loi n° 1.383 du 2 août 2011 pour une Principauté numérique, modifiée (dernièrement par la Loi n° 1.482 du 17 décembre 2019, Loi n° 1.528 du 7 juillet 2022, Loi n° 1.578 du 1er juillet 2025 précitée) constitue le texte central en matière de :
- e-commerce (règles applicables aux contrats de vente de biens ou de fourniture de services aux consommateurs par une ou plusieurs techniques de communication à distance utilisant des moyens électroniques, ainsi qu'aux services consistant à fournir des informations en ligne, des communications commerciales et des outils de recherche, d'accès et de récupération de données, d'accès à un réseau de communication ou d'hébergement d'informations, y compris lorsqu'ils ne sont pas rémunérés par ceux qui les reçoivent),
- services de confiance (signatures électroniques, cachets électroniques, numérisation et archivage, cloud et hébergement, intermédiation de données....),
- responsabilité des prestataires techniques (hébergeur ; fournisseur d'accès ; opérateur de plateforme de services en ligne : moteurs de recherche, comparateurs de prix, places de marché, sites de petites annonces, réseaux sociaux, fournisseur d'avis en ligne provenant des consommateurs....),
- cryptologie.
S'y ajoutent de nombreux textes réglementaires d'application (ordonnances souveraines et arrêtés ministériels).
Cloud souverain
Les services numériques de la Principauté (smart city, e-administration, e-santé, e-éducation, ....) s'appuient sur le Cloud souverain de Monaco. Il permet de stocker en Principauté les données étatiques comme celles des acteurs privés, sous loi monégasque. Le Jumeau du Cloud souverain (centre de données de secours ou "site de reprise") est hébergé au Grand-Duché du Luxembourg.
Identité numérique régalienne
Un autre volet du développement numérique de la Principauté est l'identité numérique attribuée aux personnes physiques (nationaux et titulaires d’un titre de séjour, personnes enregistrées dans un registre d’un service public tenu pour l’application d’une disposition législative ou réglementaire) et aux personnes morales (enregistrées dans un registre d’un service public tenu pour l’application d’une disposition législative ou réglementaire) (Loi n° 1.483 du 17 décembre 2019 relative à l’identité numérique modifiée par la Loi n° 1.578 du 1er juillet 2025 précitée).
Intelligence artificielle
Bien que Monaco ne dispose pas en l'état de législation sur l'intelligence artificielle, le projet de loi n° 1087 déposé le 19 décembre 2023 appréhende l'utilisation de systèmes d'IA à des fins répressives pour l'identification biométrique à distance dans des espaces accessibles au public, à l'instar de l'AI Act de l'Union Européenne qui est d'ailleurs susceptible de s'appliquer aux fournisseurs et déployeurs de systèmes d'IA monégasques, du fait de sa portée extraterritoriale.
Par ailleurs, comme pour tout traitement de données personnelles, la collecte et l'utilisation de données personnelles pour le développement des systèmes d'intelligence artificielle et la constitution de bases de données d'apprentissage, sont soumis au respect aux dispositions de la Loi n° 1.565 du 3 décembre 2024 relative à la protection des données personnelles (base légale, conditions de réutilisation des données personnelles, minimisation des données utilisées, durée de conservation, etc.), l'innovation devant être conciliée avec le respect des droits des personnes concernées (information, gestion de l’exercice des droits).
Participant au Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle de Paris les 10 et 11 février 2025, Monaco est signataire de la Déclaration sur une intelligence artificielle inclusive et durable pour les peuples et la planète.
Voir aussi notre publication > Convention-cadre du Conseil de l'Europe sur l'intelligence artificielle, les droits de l'homme, la démocratie et l'État de droit
Technologie de registre distribué (type Blockchain), smart contracts
La technologie Blockchain dispose en Principauté de Monaco d’une reconnaissance légale depuis la Loi n° 1.482 du 17 décembre 2019. La notion de « technologie de registre distribué » recouvre les traits essentiels de la technologie Blockchain, tout en étant plus large et neutre, ce qui présente l’avantage de ne pas limiter pour l’avenir l’application de la dématérialisation à cette seule technologie.
Les "smart contracts" ("protocole contractuel numérique") qui s'appuient sur cette technologie sont également définis par la Loi monégasque.
Dans son prolongement, la Loi n° 1.491 du 23 juin 2020 relative aux offres de jetons (Security Token Offerings – STO, et Initial Coin Offerings – ICO) complétée par l'Ordonnance Souveraine n° 8.258 du 18 septembre 2020 a introduit dans le droit monégasque un cadre juridique pour les levées de fonds réalisées au moyen de la technologie type Blockchain.
Par ailleurs, le projet de loi n° 1039 déposé le 27 mai 2021 envisage l’utilisation de cette technologie par les sociétés anonymes (tenue du registre des transferts, inscription des titres nominatifs émis, transcription du bordereau de transfert.) et les sociétés à responsabilité limitée (inscription des répartitions de parts sociales, de l'acte de cession des parts sociales). Ces deux types de sociétés pourraient recourir aux "smart contracts" pour l'exécution des conventions qui les lient.
Finance numérique
La Loi n° 1.528 du 7 juillet 2022 soumet à un agrément préalable, selon le cas du Ministre d'Etat ou de la Commission de Contrôle des Activités Financières (CCAF), les activités des prestataires de services :
- sur actifs numériques (échange d’actifs numériques contre d’autres actifs numériques, exploitation d’une plateforme de négociation d’actifs numériques, échange d’actifs numériques contre de la monnaie ayant cours légal) ou
- sur crypto-actifs (émission de crypto-actifs, conservation ou administration de crypto-actifs ou d’accès à des crypto-actifs, le cas échéant sous la forme de clés privées, en vue de détenir, stocker et transférer des crypto-actifs, exploitation d’une plateforme d’affichage d’intérêts acheteurs et vendeurs de crypto-actifs, placement de crypto-actifs, exécution d’ordres sur crypto-actifs, réception et transmission d’ordres sur crypto-actifs, conseil en crypto-actifs).
Les textes réglementaires d'application sont en attente de publication.
En vertu de l'Annexe B (Législation en matière bancaire et financière) de l'Accord monétaire conclu le 29 novembre 2011 entre l'Union européenne et la Principauté de Monaco (dernièrement modifiée par Ordonnance Souveraine n° 11.278 du 18 juin 2025), Monaco doit mettre en œuvre dans sa législation d'ici le 31 décembre 2026 le Règlement (UE) 2023/114 du Parlement européen et du Conseil du 31 mai 2023 sur les marchés de crypto-actifs, et modifiant les règlements (UE) 1093/2010 et (UE) 1095/2010 et les directives 2013/36/UE et (UE) 2019/1937 (MiCA).
Ce Règlement fixe les droits et obligations des émetteurs de crypto-actifs, des offreurs au public, des personnes qui demandent l'admission à la négociation de crypto-actifs ainsi que des prestataires de services sur crypto-actifs :
- exigences de transparence et d’information pour l’émission, l’offre au public et l’admission à la négociation de crypto-actifs sur une plate-forme de négociation ;
- agrément et surveillance des prestataires de services sur crypto-actifs, des émetteurs de jetons se référant à un ou des actifs et des émetteurs de jetons de monnaie électronique ;
- fonctionnement, organisation et gouvernance des émetteurs et des prestataires de services sur crypto-actifs ;
- protection des détenteurs de crypto-actifs et des clients des prestataires de services ;
- mesures visant à prévenir les opérations d’initiés, la divulgation illicite d’informations privilégiées et les manipulations de marché.
Métavers, avatar, NFT
En parallèle, la Loi n° 1.528 du 7 juillet 2022 a introduit dans le droit monégasque les notions de :
- « métavers » ("plateforme persistante et synchrone créant un ou des univers virtuels immersifs proposant des produits et services en ligne à plusieurs utilisateurs simultanément sous forme d'avatars, pouvant notamment s'y déplacer, y interagir socialement et économiquement")
- « avatar » ("forme numérique choisie par l'utilisateur pour le représenter graphiquement dans un métavers")
- "jeton non fongible" ou "NFT" ("jeton unique et non interchangeable représentant sous un format numérique un droit attaché à un bien").
La fourniture et l’exploitation d’un métavers comprenant une représentation de la Principauté ou permettant l’identification de tous éléments de son patrimoine national est subordonnées à l’obtention d’une autorisation administrative préalable. Le texte réglementaire en fixant les conditions est en attente de publication.
Monaco accueille le sommet MEWS (Metaverse Entertainment World Summit) soutenu par les autorités monégasques.
Cybersécurité et Cybercriminalité
La Loi n° 1.435 relative à la lutte contre la criminalité technologique a transposé les dispositions de la Convention sur la cybercriminalité du Conseil de l’Europe du 23 novembre 2001 à laquelle Monaco est partie.
La Principauté s'inscrit dans la dynamique de cybersécurité et des mesures de l'Union Européenne afin d’assurer la continuité des services essentiels dans des secteurs clés en cas d’incidents.
L'Arrêté Ministériel n° 2018‑1053 du 8 novembre 2018 portant application de l'article 27 de la Loi n° 1.435 du 8 novembre 2016 relative à la lutte contre la criminalité technologique est ainsi progressivement actualisé. Par Arrêté Ministériel n° 2023-556 du 21 septembre 2023, pour introduire des définitions (incident, cybermenace...), retoucher le régime des notifications des incidents de sécurité à l'Agence Monégasque de Sécurité Numérique (AMSN) et le cas échéant à la Direction de la Sûreté publique, et d'information des destinataires d'une cybermenace importante, par les opérateurs d'importance vitale (OIV) de la Principauté. Par Arrêté Ministériel n° 2025‑533 du 3 octobre 2025 pour renforcer encore le régime de cybersécurité applicable aux Opérateurs d’Importance Vitale (OIV) à Monaco pour protéger leurs systèmes d'information (SIIV).
Les Assises de la Cybersécurité sont un rendez-vous annuel incontournable en Principauté.
Depuis novembre 2024, le Groupement d’Intérêt Public Action contre la Cybermalveillance (GIP ACYMA) français et l’Agence monégasque de sécurité numérique (AMSN) sont liés par un programme de coopération en matière de sensibilisation, prévention et d’assistance aux victimes d’actes de cybermalveillance pour les particuliers, entreprises (mise à disposition de Monaco de développements logiciels et d'expertise, référentiel de labellisation ExpertCyber, élaboré avec l’AFNOR et adapté au droit monégasque). Le site Cybermalveillance.gouv.mc est le dispositif officiel de la Principauté de Monaco pour lutter contre les menaces numériques. Le sous-comité Cybermalveillance de la Principauté de Monaco créé en juillet 2025, est l’organe stratégique qui pilote le dispositif.
En vertu de l'Annexe A (Législation de l'Union Européenne applicable à l'activité et au contrôle des établissements de crédit et à la prévention des risques systémiques dans les systèmes de paiement et les systèmes de règlement et de livraison de titres) de l'Accord monétaire conclu le 29 novembre 2011 entre l'Union européenne et la Principauté de Monaco (dernièrement modifiée par Ordonnance Souveraine n° 11.278 du 18 juin 2025), le Règlement (UE) 2022/2554 du Parlement Européen et du Conseil du 14 décembre 2022 sur la résilience opérationnelle numérique du secteur financier et modifiant les règlements (CE) n° 1060/2009, (UE) n° 648/2012, (UE) n° 600/2014, (UE) n° 909/2014 et (UE) 2016/1011 (DORA) est applicable à Monaco.
Ce Règlement établit des règles uniformes en matière de sécurité des réseaux et des systèmes d’information des entités du secteur financier pour résister, répondre et se remettre de toute perturbation ou menace impliquant les technologies de l’information et de la communication (TIC) : gestion du risque informatique ; reporting des incidents ; tests de résilience ; gestion du risque de tiers porté par les prestataires de services informatiques. L'ensemble des dispositions de DORA sont applicables aux établissements financiers monégasques.
Noms de domaine « .mc »
La Loi n° 1.482 du 17 décembre 2019 modifiant la Loi n°1.383 du 2 août 2011 pour une Principauté numérique a créé une taxe relative à l’attribution ou du renouvellement du nom de domaine en « .mc ».
Le Network Internet Center (NIC Monaco) exerce la fonction d’Office d’enregistrement de premier niveau du système d’adressage par nom de domaine de l’Internet correspondant à l’espace de nommage monégasque et assure l’attribution des noms de domaine par l’intermédiaire des Bureaux d’enregistrement. Voir notre publication Noms de domaine .mc : Charte de nommage définissant les règles d’attribution, d’enregistrement, de gestion et de maintenance (Arrêté Ministériel n° 2022-38 du 21 janvier 2022)
Le NIC Monaco élabore la charte de nommage de l’espace de nommage monégasque « .mc », établit les contrats d’enregistrement définissant les relations contractuelles de l’Office d’enregistrement avec les Bureaux d’enregistrement, assure la gestion des domaines monégasques de l’Internet « .mc », exploite et maintient l’infrastructure technique du DNS (Domain Name System) permettant de traduire un nom de domaine en adresse IP et assure l’accès à ces noms de domaine depuis Internet.
Publications liées
Compétences
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